Le blog d'information municipale et politique de Yann Dubosc, Maire de Bussy St Georges, Président d'EPAMARNE, membre du Bureau UDI77
29 Juin 2008
A la veille de la présidence française du Conseil européen (la dernière date de l'an 2000), j'ai souhaité vous faire part de mes réflexions quant à notre Europe.
L’Union européenne attire et répulse toujours autant la population depuis 1957. Un sentiment d’éloignement fait que les citoyens européens doutent, que l’euroscepticisme est latent.
Cela correspond à la tendance, certes humaine, à retenir ce qui ne va pas et à se focaliser dessus. Mais c'est aussi lié, d'une part, à un déficit de communication sur l'impact de l'Union dans nos régions, et, d'autre part, à bon nombre d'élus, qui ont fait porter par l'Europe les carences de nos politiques nationales.
Pourtant, l’Union européenne nous accompagne quotidiennement : elle a, entre autres, permis d’établir la liste noire des compagnies aériennes, la réduction des coûts des appels téléphoniques à l’étranger, la réglementation sur les fourrures animales, d’imposer la « traçabilité totale » sur tous les produits alimentaires, la standardisation de qualité et d’efficacité pour les médicaments, les standards minima pour la qualité de l’eau potable, la diminution de l’utilisation des insecticides, la limitation du rejet de CO2 par les voitures…
De même, collectivités locales, associations et entreprises peuvent y trouver des moyens intéressants pour financer leurs projets novateurs : plus de 14 milliards d’euros sont réservés à la France dans le cadre des fonds structurels pour la période 2007-2013. Encore faut-il, en ce qui concerne les collectivités, aller chercher ces subventions et être capable de monter correctement, avec rigueur et patience, les dossiers pour les demander...
Par ailleurs, il faut noter que le développement durable est maintenant au cœur des préoccupations européennes, en filigrane de tous ses programmes, et un enjeu stratégique reconnu pour son développement.
La présidence française est une chance, malgré les difficultés récentes concernant le Traité de Lisbonne.
Il faut clairement se poser une question : quel avenir souhaitons-nous pour l’Europe ?
Elle a toujours été un enjeu géopolitique et la fin de la guerre froide ne signifie en rien qu’elle doive s’atrophier. Il nous faut faire face à de multiples défis : écologique (révolution énergétique et réchauffement climatique), économique (mouvance des marchés financiers, recherche du plein emploi, malaise de la croissance) et nord-sud (crise alimentaire, poids et méconnaissances des civilisations, problématique des flux migratoires).
Un pays isolé ne peut agir seul : le village gaulois ne pourrait résister. Dans tous ces domaines, notre force réside en notre volonté de construire un destin commun aux peuples européens, dans le respect de leur identité.
Nous sommes dans une ère de nécessaire consolidation de l'Union européenne. Faisons en sorte que la voix de la France porte aussi loin que son ambition créatrice de 1950 : faisons preuve de persévérance sur le chemin d’une Europe compréhensible, proche des citoyens et de leurs préoccupations quotidiennes, notamment sociales ; prenons nos responsabilités pour penser l’Europe du futur.
Ce que Paris conseille, l’Europe le médite ;
ce que Paris commence, l’Europe le continue.
Victor Hugo