Le blog d'information municipale et politique de Yann Dubosc, Maire de Bussy St Georges, Président d'EPAMARNE, membre du Bureau UDI77
15 Décembre 2008
Depuis des millénaires, l’homme s’est éternellement déplacé à travers la planète, mélangé, croisé, confronté pour créer les hommes et les nations d’aujourd’hui. De ce constat, il est tout à fait naturel que notre histoire et notre conscience collective continuent à améliorer notre existence. Cette quête est toujours nécessaire pour encourager les entreprises, les politiques, les administrations, les grandes écoles (etc.) à refléter dans leur effectif les diverses composantes de la société française, et à faire de la non discrimination et de la diversité un axe stratégique. Notre héritage républicain doit absolument conduire notre nation vers une démocratie pluraliste.
Certaines entreprises françaises comme étrangères qui ont placé la gestion de la diversité au cœur de leurs stratégies, comme un avantage tant sur le plan économique que social, ont vu l’impact sur leur créativité et leur compétitivité.
« C'est la diversité, et non l'efficacité, qui est la condition sine qua non d'une vie humaine riche et créatrice », R. Dubos.
Le 10 décembre à Paris, s’est tenue une grande réunion de Génération France, organisée par Jean-François Copé, sur le thème de la diversité.
Y étaient présents Yazid Sabeg (Président de CS Communication & Systèmes, initiateur de la charte de la diversité et du manifeste pour l'égalité réelle), Marc Ladreit de Lacharrière (président de Fimalac et de la fondation Culture et Diversité), Yamina Benguigui (réalisatrice, productrice, écrivain, conseillère PS de Paris), Elie Aboud (Député UMP de l'Hérault), Hamirouche Laïdi (président du Club Averroès), Patrick Lozès (Président du Conseil Représentatif des Associations Noires), Pierre Tapie (Directeur Général de l'Essec), René-Paul Victoria (Député UMP de la Réunion) et Hamida Rezeg (Adjointe au Maire de Meaux).
J.-F. Copé a ouvert le débat en suscitant, en interpellant et bousculant les idées reçues sur un thème qui nous lie tous finalement depuis des milliers d’années. Les intervenants ont chacun donné leur définition de la diversité selon leur expérience, leur milieu professionnel, social, culturel…. désignant la variété de profils humains qui peuvent exister en son sein (origine de pays, de région, de quartier, patronymique, culture, religion, âge, sexe, apparence physique, handicap, orientation sexuelle, diplômes, etc. La liste n'est pas exhaustive).
Il poursuivit en rappelant que « la diversité n’a pas été assumée par la nation, elle est un fait et elle ne se choisit pas » - « En France, il y a un paradoxe entre vouloir prôner un rassemblement national face à la crise et solliciter une population que l’on mettait de côté ».
Il existe 3 modèles de la diversité :
- Le multiculturalisme anglo-saxon
- Le communautarisme américain
- L’assimilation à la française
Le débat fort riche d’échanges a permis de dégager dans l’immédiat une dizaine de propositions.
Les 10 premières propositions pour promouvoir la réussite de chaque Français, selon son mérite, quelle que soit son origine :
Education – Jeunesse
1. Un service civique obligatoire : Dans un 1er temps, un embryon de service civique pour les étudiants de l’enseignement supérieur : participation à des actions de tutorat et de soutien scolaire ciblant les enfants en établissements scolaires défavorisés. 1h par semaine. Dans un 2ème temps, un service civique obligatoire de 3 mois, pour les jeunes de 18-20 ans (garçons et filles) : dans le milieu associatif, le tutorat et le soutien scolaire.
2. L’autonomie des établissements scolaires : avec la possibilité pour les directeurs
d’établissements de recruter eux-mêmes leurs équipes pédagogiques parmi les enseignants titulaires. Des budgets supérieurs devraient être attribués aux établissements situés en zone d’éducation prioritaire.
3. Des établissements scolaires par classe plutôt que par quartier, dans les zones
urbaines. Il s’agit d’en finir vraiment avec la carte scolaire et d’instaurer une vraie mixité
sociale à l’école.
Par exemple dans une agglomération avec deux collèges, plutôt que d’avoir un établissement pour les élèves du centre-ville avec tous les niveaux (6ème à 3ème) et un collège pour les élèves du quartier populaire avec tous les niveaux (6ème à 3ème), on pourrait mettre en place des établissements par classes ; un établissement regroupant tous les élèves de 6ème-5ème de l’agglomération, un autre tous les élèves de 4ème-3ème. Ce système de regroupement des élèves par tranche d’âge permet d’ailleurs une plus grande sécurité pour les élèves les plus jeunes et facilite le travail de surveillance.
Logement
4. Pour favoriser la mixité sociale dans les quartiers fragiles, en cas de démolition de barres de logements sociaux, passer de la logique du 1 logement reconstruit pour un logement détruit à la logique du 1 logement reconstruit pour un 1 logement occupé détruit. Cela ne modifie pas les obligations de relogement mais permet de développer un habitat social moins dense et de meilleure qualité, avec en complément des programmes d’accession à la propriété ou de la promotion immobilière (à l’exemple de Meaux).
5. Pour favoriser la mixité sociale en centre-ville, développer l’intermédiation locative : des offices publics sous-louent du logement privé à des personnes aux revenus modestes ou issues de classes populaires. Ce mécanisme qui reste très limité aujourd’hui permet en outre à des propriétaires de remettre des logements vacants en toute confiance sur le marché locatif.
Emploi, entreprises
6. Après les zones franches, les « emplois francs » : des exonérations de charges sociales pour l’embauche de personnes résidant dans les quartiers classés en zone franche, quelle que soit la localisation de l’entreprise concernée.
7. Possibilité pour les PME de défiscaliser une partie des dépenses faites pour mettre en place des process «diversité» (refonte de leur procédure de recrutement, mise en place des CV anonymes…).
Politique
8. Une obligation légale pour les partis de former des personnes issues de quartiers populaires (en contrepartie des financements publics). Au moins 5 000 personnes dès 2009.
9. Un système de coaching pour les militants issus de quartiers populaires, proposé par les députés du groupe UMP. Chaque député volontaire se met à disposition d’un militant « sans réseau politique » pour lui faire bénéficier de son expérience, de ses conseils… Ce parrainage qui donne un réseau à ceux qui n’en n’ont pas pourrait être étendu aux élus locaux volontaires.
Médias
10. Un rapport annuel sur la diversité réalisé par le CSA et transmis au Parlement (cf. l'amendement de Jean-François Copé, Michel Herbillon, Christian Kert et Frédéric Lefebvre sur le projet de loi audiovisuel).
J’ajouterais pour ma part : moderniser la formation des managers et des DRH en introduisant la notion de diversité comme enjeu de notre société et paradigme social.
Nabia PISI, représentante du Cercle de la Diversité Républicaine pour le 77.